LE
pH : UN PEU DE BIOCHIMIE
Pour
les scientifiques, pH veut dire puissance d’hydrogène ou
exposant d’hydrogène. Ce qui, en clair, signifie mesure
de la concentration en ions d’hydrogène d’une solution
et réactions biochimiques qu’ils entraînent au sein
de cette solution en sachant que celle-ci peut, selon qu’elle
gagne ou perd des ions d’hydrogène, évoluer vers
l’acidité ou, au contraire, l’alcalinité.
pH ET BIOLOGIE
Les
fonctions organiques de l’être humain obéissent également
à des constantes biologiques soit acides, soit basiques. Ainsi
le cerveau et le liquide céphalo-rachidien sont alcalins —
leur pH varie entre 7,9 et 8,1. La bouche et la salive sont naturellement
alcalines — pH : de 7,1 à 7,4 (la salive contient des bicarbonates
qui sont chargés de neutraliser les toxines alimentaires acides
et l’acide lactique issus du sucre et des hydrates de carbone).
Le sang est alcalin, son pH normal, à la température du
corps, varie entre 7,38 et 7,43. Le pH de l’humeur aqueuse et
celui de la Iymphe sont voisins de 7,9, donc alcalins. Le pH de l’oreille
interne se tient aux alentours de 7,4.
Les
diverses sécrétions (mucus, glaire, bile, larmes, sécrétions
utérines, sperme) sont généralement tamponnées
(alcalines) pour maintenir la réaction du milieu dans une zone
favorable à l’activité des enzymes (diastases).
Les selles normales sont très légèrement alcalines
(pH entre 7 et 7,5) : un pH de 6 est donc signe de fermentations anormales.
En
revanche, les sécrétions de l’estomac sont très
acides : le suc gastrique contient de l’acide chlorhydrique libre
et son pH est voisin de 1 (du moins chez l’adulte, car le contenu
de l’estomac du nourrisson présente un pH supérieur
à 5). Les sécrétions vaginales sont acides par
la présence d’acide lactique — leur pH est de 4,5.
Le pH normal de l’urine est acide et varie entre 5,8 et 6,2. Les
acides biliaires ont un pH qui varie entre 3,8 et 4,3.
Tous
ces pH biologiques correspondent à l’état normal.
Des variations entraînent des troubles pathologiques.
Sont acides :
les vinaigres - le jus de citron - le jus d’orange -
le jus de groseilles - les acides organiques : acide urique, acide lactique
- I’acide chlorhydrique - I’acide nitrique - I’acide
sulfurique - le yoghourt - les tomates - le miel.
Sont
basiques ou alcalins :
les bicarbonates : de calcium, de potassium de sodium - les
hydroxydes : de magnésium, d’aluminium - les pommes de
terre - les légumes verts crus ou cuits : salades, haricots verts,
chou - le lait - les eaux minérales alcalines.
Les
phénomènes vitaux ne peuvent se produire que dans une
zone très limitée de pH, en dehors de laquelle toute vie,
depuis celle du plus simple des micro organismes jusqu’à
celle de l’homme, peut être paralysée. Une telle
sensibilité aux variations du pH nécessite une possibilité
de régulation très efficace : les milieux biologiques
sont tamponnés, c’est-à-dire alcalins.
Ainsi,
l’eau des mers — dont on pense aujourd’hui qu’elle
fut la soupe prébiotique, d’où les premières
formes vivantes émergèrent — et des océans
constitue un énorme milieu tamponné : la vie n’y
est possible que si le pH varie en moyenne entre 7,5 et 8.
Une
acidification du pH marin (fonte des glaces, pluies acides, chaleur
excessive) entraîne les migrations saisonnières de certains
poissons qui ne peuvent se développer en milieu trop acide. Chez
les animaux supérieurs et chez l’homme, c’est le
pH du milieu intérieur qui reste constant : le pH du contenu
cellulaire varie peu, tout comme celui du milieu extra-cellulaire.
LES MODIFICATIONS DU pH
Le
Dr Kousmine explique que l’alimentation et le métabolisme
tendent à provoquer dans l’organisme de grandes variations
de l’acidité ou de l’alcalinité. Un régime
riche en viandes sera acidifiant car les acides aminés soufrés
des protides fournissent de l’acide sulfurique. De même
un régime trop riche en yoghourts, surtout ceux qui contiennent
de l’acidophilus bifidus, crée un terrain acide en vidant
l’intestin de ses réserves alcalines. L’intestin
utilise ses bicarbonates et ses hydrogénates pour neutraliser
l’acidité naturelle du yaourt. La publicité outrancière
de certaines multinationales alimentaires faite à la télévision
pour inciter à la consommation excessive de yaourts est un véritable
scandale, surtout lorsqu’elle s’adresse aux enfants qui,
on le sait, ont besoin de leurs réserves alcalines pour protéger
leurs dents et leur squelette.
Même
chose pour les régimes trop riches en miel ou tout simplement
en sucres, qui sont des aliments potentiellement acides puisqu’une
partie des glucides sera transformée en acide lactique, acidificateur
de terrain. En revanche, un régime trop riche en végétaux
apportera au contraire un excès de bases.
LE DESEQUILIBRE ACIDO-BASIQUE DANS L’APPARITION DES MALADIES FONCTIONNELLES
ET INFECTIEUSES
Force
est de reconnaître aujourd’hui, en raison de nos habitudes
alimentaires et du mode de vie que nous menons, que si l’équilibre
acido-basique est rompu, c’est presque toujours vers l’acidification.
Le
déséquilibre acido-basique, dans le fonctionnement des
différents systèmes organiques de l’être humain
(sang, lymphe, humeur, bouche, estomac, vésicule, intestin, peau,
poumons, reins) entraîne la surcharge du terrain organique en
toxines diverses. Les déchets qui s’accumulent sont soit
des substances exogènes qui ont trouvé le terrain favorable
à leur prolifération (microbes, parasites), soit des toxines
alimentaires résiduelles qui n’ont pu être éliminées
(acide urique, urée, cholestérol, plaque d’athérome).
La
surcharge du terrain en déchets provoque de graves dommages à
l’organisme. Les sérums et liquides organiques qui charrient
les déchets s’épaississent et circulent de plus
en plus difficilement. La circulation sanguine et l’irrigation
des tissus se ralentissent et les échanges cellulaires s’appauvrissent.
Les substances nourricières et l’oxygène actif ont
de la peine à être véhiculés jusqu’à
leur site d’utilisation. Outre les troubles fonctionnels qui en
résultent s’ajoutent les lésions provoquées
par l’agressivité des déchets. Les toxines acides
ou basiques (plus rarement) irritent, enflamment et finissent par détruire
les tissus. Le déséquilibre acido-basique organique entraîne
chez l’être humain l’apparition de maladies ponctuelles,
chroniques ou dégénératives. Si les deux premières
constituent un état morbide facilement réversible (mycoses,
aphtes, gastrites, colites, migraines, eczémas, cystites, sinusites),
il en va tout autrement des maladies dégénératives.
Rien
ne résiste aux toxines acides et à leur agressivité.
Les tissus osseux, les articulations, les vertèbres sont rongés,
cariés, corrodés, induisant des arthroses dégénératives.
De même l’organisme,
en puisant sans cesse dans les réserves alcalines intestinales
pour neutraliser les toxines acides, finit par déstabiliser
la flore microbienne saprophyte intestinale. 400 germes saprophytes
vivent dans l’intestin, et ce, en bonne intelligence avec l’organisme.
Leur rôle est d’assurer la pérennité du
système immunitaire en neutralisant les germes pathogènes.
Une simple modification du pH intestinal (naturellement alcalin) vers
l’acidité entraîne la prolifération de germes
pathogènes avec l’apparition de maladies, hélas
trop bien connues : colibacilloses, cystites, pyélonéphrites,
mycoses digestives, sinusites, angines, etc.
«
DIS-MOI CE QUE TU MANGES, JE TE DIRAI DE QUOI TU SOUFFRES ! »
Les
terrains trop acides seront corrigés en supprimant les causes
d’acidification. La désacidification entraînera ipso
facto la disparition des troubles locaux. Ces derniers néanmoins
devront faire l’objet de soins attentifs, tant internes qu’externes
et ce avec les médicaments ou topiques nécessaires. Catherine
Kousmine disait toujours : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai
de quoi tu souffres ! » Elle prétendait avec raison que
l’équilibre acido-basique passe obligatoirement par une
réforme diététique complète. Elle préconisait
dans un premier temps un régime faiblement protéiné
et riche en végétaux : légumes verts crus et cuits,
en céréales et fruits alcalins (bananes, châtaignes,
fruits secs sauf l’abricot) et, bien sûr, les eaux alcalines.
Progressivement, il conviendra d’introduire dans ce régime
des protéines d’origine animale : fromages, œufs et,
une fois ou deux par semaine, des dérivés lactés
(yaourt maison ou fromage blanc). Enfin et en cas de forte acidité
organique il pourra être utilisé des citrates organiques
qui rechargeront les réserves alcalines.
L’alimentation
préconisée par le Dr Kousmine, qui comportait des oléagineux
et des huiles végétales de première pression à
froid, était riche en acides gras poly-insaturés. Elle
fut un véritable précurseur, dont la science confirme
aujourd’hui les découvertes empiriques. Mais elle n’avait
pas perçu la fragilité de ces acides gras aux radicaux
libres, et le rôle important des vitamines anti-oxydantes.
GRANDS
EMONCTOIRES ET EQUILIBRE ACIDO-BASIQUE
Les
grands émonctoires (les reins, les intestins, les poumons et
la peau) jouent un rôle capital dans l’équilibre
acido-basique de l’être humain. Les personnes en bonne santé
sont celles dont les émonctoires, à leur insu, assurent
le rôle d’éliminateurs des toxines organiques. Dans
l’équilibre acido-basique, le rein est l’organe qui
a la fonction éliminatrice et régulatrice la plus importante.
Il est le seul organe capable d’éliminer par les urines
les ions H+ (anions acides) liés à des anions non volatiles
et il adapte sa sécrétion pour maintenir constant le pH
du plasma.
Les
poumons ensuite interviennent dans la régulation de l’équilibre
acido basique en apportant au sang, aux protéinates du plasma
et à l’hémoglobine du gaz carbonique qui est transformé
en système tampon alcalin par sa conversion biochimique en hydrogénocarbonate,
acide carbonique qui maintient le pH du sang entre 7,38 et 7,43.
Les
intestins participent également à l’équilibre
acido-basique organique par l’élimination dans les fèces
des toxines acides, des acides et sels biliaires, du cholestérol,
des toxines lactiques acides.
La peau enfin joue également un rôle déterminant
dans le nettoyage cellulaire par l’élimination dans la
sueur de l’excès d’acide urique hautement corrosif.