Certaines
lignées sont visiblement marquées par le destin qui
semble s’acharner sur elles. Certaines maladies, certaines morts
brutales, certains suicides qui se répètent relèvent-ils
du hasard ou d’une malédiction ? En vérité,
il ne s’agit ni de hasard ni de malédiction au sens habituel
du terme. Il s’agit d’un conflit qui se transmet de génération
en génération parce qu’il n’a pas été
résolu, parce qu’il n’a pas été dit
ou parce qu’il a été « mal dit ».
C’est en ce sens qu’on peut parler de malédiction.
Mais, ce qu’il faut savoir c’est qu’il suffit de
prendre conscience du conflit et de le dépasser pour conjurer
définitivement le mauvais sort.
«
Roi Philippe et toi, Pape Clément, je vous convie avant un
an devant le tribunal de Dieu. Quant à ta descendance, roi
Philippe, qu’elle soit maudite jusqu’à la treizième
génération ! »
Tout
le monde connaît cette célèbre malédiction
lancée en 1314, sur le bûcher, par Jacques de Molay,
Grand maître de l’Ordre des Templiers. Et chacun sait
qu’en effet le roi Philippe IV le Bel et le pape Clément
V devaient mourir dans l’année qui suivit. La suite de
la malédiction s’est bien accomplie puisque les trois
fils de Philippe moururent sans descendance mâle. Charles IV
fut le dernier des Capétiens directs à régner.
Quant aux Capétiens Valois, qui leur succédèrent,
leur règne s’acheva avec Louis XII, mort sans descendance
en 1515, c’est-à-dire très exactement la treizième
génération après celle — comprise —
de Philippe.
Bien
entendu, tout le monde connaît aussi la malédiction des
Kennedy qui s’est poursuivie de John à son fils, en passant
par ses frères. Le père Joe, qui souffrait d’un
grave conflit de dévalorisation, voulait à tout prix,
pour le compenser mais non pour le résoudre, que son premier
fils fût président des Etats-Unis. En 1941, sa femme
fut internée, en 1944, son fils Joseph, pilote de chasse, fut
abattu, à 29 ans, au-dessus de l’Allemagne. En 1948,
Kathleen est tuée dans un accident d’avion à 28
ans. En 1963, Patrick, le premier fils de John Kennedy, né
prématuré, meurt trois jours après sa naissance.
En novembre de la même année, John est assassiné
à Dallas, à 46 ans. Son frère Edward est grièvement
blessé dans un accident d’avion. En 1968, Robert Kennedy,
qui tente de succéder à son frère John, est assassiné,
à 42 ans. En 1969, Edward, dit Ted, a un accident de voiture
dans lequel sa compagne illégitime périt. En 1973, le
fils de Robert, Joseph, a un accident de voiture : la femme qui l’accompagne
restera paralysée. Le fils d’Edward doit être amputé
d’une jambe après un accident. En 1984, David, le fils
de Robert, meurt d’une overdose. En 1991, Willima, le neveu
d’Edward, est accusé de viol. E, 1997, Michael, le fils
de Robert, se tue en faisant du ski. En 1999, John John, le fils de
John, et son épouse se tuent dans un accident d’avion.
De
nombreux auteurs ont souligné ces « malédictions
» qui semblent poursuivre certaines familles et, parmi eux,
la célèbre psychanalyste Françoise Dolto, qui
fut l’une des premières à parler de secrets de
famille et de transmission transgénérationnelle de conflits
non résolus. Depuis, de nombreux auteurs ont repris et développé
cette thèse. Notamment l’Allemand Bert Hellinger et les
psychologues ou psychanalystes français Anne Ancelin Schützenberger,
auteur de Aïe mes aïeux !, Nina Canault, auteur de Comment
paie-t-on les fautes de ses ancêtres et Didier Dumas, auteur
de l’Ange et le fantôme.
Dans
son assez stupéfiant ouvrage, Aïe mes aïeux !,
la psychothérapeute Anne Ancelin Schützenberger démontre,
au moyen de multiples exemples, que les « maladies »,
les accidents, l’orientation professionnelle et même le
mariage sont programmés par l’invisible mémoire
des ancêtres. Elle appelle cela la « loyauté familiale
inconsciente et invisible ». La méthode d’investigation
qui permet d’en faire la démonstration est très
simple en dépit de son nom complexe : le génosociogramme
qui consiste à rechercher chez les aïeux les mêmes
événements.
Deux
exemples.
Voici le cas d’un jeune homme dynamique, souriant,
séduisant et sportif, Marc, trente-deux ans, célibataire
et sans enfant, qui, hélas, se déplace en fauteuil roulant,
ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de conduire sa
voiture et de faire, seul, des trajets de plusieurs centaines de kilomètres.
Il est en fauteuil roulant à cause d’une paraplégie
contractée à la suite d’une réception au
sol en deltaplane. Il avait oublié de s’attacher et à
l’atterrissage il s’est retrouvé sur le dos et
gravement blessé.
Lorsque
Anne Ancelin Schützenberger lui parle de génosociogramme
et lui demande si quelqu’un, dans sa famille, s’est jamais
trouvé en fauteuil roulant, Marc commence par dire non. Elle
insiste. Il se rappelle alors que son père a été
condamné, comme lui-même, au fauteuil roulant. Soulignons
incidemment que la conscience commence par refuser le souvenir qui
se trouve dans la mémoire de l’inconscient. Ce qui est
tout à fait stupéfiant lorsqu’il s’agit
d’un souvenir aussi remarquable et aussi récent concernant
le père même de la personne interrogée.
Le
père était en fauteuil roulant à la suite d’un
accident. Emmené en Allemagne, durant la guerre, au titre du
S.T.O. (Service du travail obligatoire), il était employé
dans une fonderie. Un jour, son équipe n’ayant pu se
rendre à la fonderie, il y travaillait seul en compagnie d’un
autre ouvrier qui oublia d’attacher le creuset de fonte, comme
c’était l’habitude. Le père reçut
le liquide en fusion sur les pieds. Cela se passait en juillet et
le père avait trente-deux ans. Le fils a eu son accident également
au cours d’un mois de juillet, alors qu’il était
également âgé de trente-deux ans.
Voici
le cas de Jacqueline, contrainte de porter une minerve — qui
lui soutient le cou — à la suite d’un accident
de voiture qu’elle a eu peu de temps après la mort de
sa petite fille âgée de dix ans. Curieusement sa petite
fille était née avec le cordon ombilical enroulé
autour du cou, ce qui avait entraîné une asphyxie et
l’enfant est longtemps demeurée dans le coma. Elle a
tout de même survécu mais, infirme moteur, elle a vécu
ses dix années de vie dans une institution spécialisée,
avant de mourir en avril 1986. Quelle est la profession de Jacqueline
? Coiffeuse.
Jacqueline
n’a jamais eu d’autres enfants après avoir vu la
fille de sa sœur qui était née avec une hernie
cervicale : « la cervelle qui dégouline de la tête
», dit-elle. Chacune des deux sœurs a assisté à
l’accouchement de l’autre. Toutes deux ont eu un accouchement
difficile et ont mis au monde « un enfant à problème
grave autour de la tête », dès la naissance. Les
deux sœurs se sont mariées le même jour.
Nantie
de ces renseignements, Anne Ancelin Schützenberger bâtit
le génosociogramme. Elle constate alors que les arrière-arrière
grands-parents sont des Arméniens d’Arménie. L’arrière-grand-mère
paternelle a été décapitée avec deux de
ses filles, lors du génocide, le 24 avril 1915. La grand-mère
paternelle, Galine, avait sept ans, lorsqu’elle a vu la tête
de sa mère et de ses deux sœurs, âgées de
13 et 11 ans, tordues d’horreur et « la cervelle dégoulinante
» portées sur des piques par des Turcs. Jacqueline et
sa sœur Germaine, qui ont eu, chacune, un enfant né avec
un problème à la tête, se sont mariées
le même jour. Jacqueline est coiffeuse. Elle voulait être
professeur de gymnastique mais, comme par hasard, la veille de l’examen,
elle s’est foulé une cheville et n’a pu se présenter.
Elle a finalement choisi de devenir coiffeuse comme son père
et sa mère. Eh oui, déjà sa mère et son
père étaient coiffeurs ! Et même sa grand-mère
paternelle, Galine, était coiffeuse ! Mieux encore, les deux
frères de Jacqueline, Jean-Jacques et Christian, sont également
coiffeurs ! Comment se fait-il qu’un fils de Galine, elle-même
coiffeuse, l’épouse de son fils et trois de ses petits
enfants soient coiffeurs et coiffeuses ? Pourquoi tant de coiffeurs,
dont le métier est d’embellir les têtes, dans la
descendance de Galine qui a vu la tête de sa mère et
de ses deux jeunes sœurs, défigurées et «
la cervelle dégoulinante » portées au bout de
piques par des Turcs, le 24 avril 1915 ?
Au
fait, quand donc est morte la fille de Jacqueline ? Le… 24 avril
1983 ! Pour le soixante-huitième anniversaire du génocide
! La coïncidence frappe Jacqueline, qui ne s’en était
jamais aperçu. Anne Ancelin Schützenberger en conclut
— et moi avec elle — que tout se passe dans cette famille
comme si une mystérieuse mémoire des ancêtres,
une mémoire collective de famille — était à
l’œuvre pour réparer symboliquement le massacre,
à travers la coiffure, pour le rappeler et — ce que ne
dit pas Anne Ancelin Schützenberger — pour le perpétuer
et même le reproduire à travers les naissances des nouveaux
enfants, à travers un étranglement provoqué par
le cordon ombilical et une hernie cervicale !
Bien
évidemment, on peut conclure de ces faits que le choix de la
profession de coiffeur est une sorte de culture familiale. Certes
! Mais on en voit clairement la signification. Quant aux naissances
dramatiques des enfants, si elles font partie d’une culture
familiale, cette culture n’est pas consciente. Elle relève
à l’évidence d’une mémoire collective
inconsciente, qui n’est pas dans le cerveau — puisqu’il
a été jusqu’ici impossible d’y découvrir
les fameux « engrammes » (les traces de la mémoire),
en dépit d’un siècle de recherches — et
qui n’est évidemment pas transmise pas les gènes
! Pas plus que l’accident du deltaplane, reproduisant à
l’identique l’accident de la fonderie allemande, n’a
été inscrit dans les gènes de Marc ou dans sa
mémoire : non seulement il avait bien pris soin d’oublier
le souvenir, de le refouler dans l’inconscient, mais encore
ce n’est pas lui qui a empêché le camarade, qui
n’oubliait jamais de lui demander s’il s’était
bien attaché, de venir l’aider le jour de l’accident,
où il n’était précisément pas attaché.
Tout
se passe — ainsi que dans la pièce de Bob Wilson, Einstein
on the beach — comme si un événement —
qui, semblable à la femme de Verlaine, n’est jamais ni
tout à fait le même ni tout à fait un autre —
ne cessait pas d’inlassablement se reproduire, dans un milieu
et parmi des personnages qui ne sont pas non plus les mêmes
mais ne sont pas non plus tout à fait autres, selon la loi
d’une pansémiotique — où tout devient signe
chargé d’une signification inconsciente à destination
de la conscience qui a pour objet de la décoder — jusqu’à
ce que la conscience parvienne à le comprendre et, du même
coup, à le dépasser et, par conséquent, à
enrayer sa tragique répétition.
Tout
se passe comme si le sens même des vies de la lignée
était de parvenir à l’intelligence de la mémoire,
à inverser la mémoire — c’est-à-dire
le simple souvenir inlassablement reproduit et ressassé —
en intelligence, par la simple prise de conscience, et, du même
coup, à dépasser le passé maléfique pour
aller vers le futur bénéfique.
Cela
va encore beaucoup plus loin qu’on ne l’imagine.
Dans
son ouvrage, Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres
? (titre pas très heureux parce qu’il introduit
une notion de culpabilité), Nina Canault raconte qu’un
jour, Luc, jeune frère d’un autiste, Jean-Michel, rêve
de sorcières. Son rêve le conduit à s’intéresser
à ses deux arrière-grand-mères maternelles, en
qui il voit les sorcières de son rêve. Elles ont épousé
deux hommes nommés Leroux, quoique sans parenté, et
qui se sont tous deux pendus au retour de la guerre 14-18. Le suicide
a été attribué par la mère de Jean-Michel
l’autiste, Mme Lebois, à la « misère prolétarienne
». Sceptique, l’analyste de Jean-Michel découvre
la vraie raison. Les deux arrière-grand-mères ont trouvé
plus commode de vivre ensemble, pendant la guerre. Privées
chacune de son mari, elles se sont « remariées »
ensemble, pendant quatre ans. Elles n’ont plus besoin d’époux,
au retour des deux Leroux. Et tous deux, qui viennent de vivre et
de supporter l’incroyable atrocité d’une guerre
épouvantable, ne supportent pas de n’avoir plus de place
chez eux. Ils se pendent, chacun de son côté.
Curieusement,
dans la génération suivante, ce ne sont plus les hommes
qui se suicident par l’ « ascension » qu’est
la pendaison mais, au contraire, les filles, et par la chute dans
des puits (détail significatif des deux inversions qui a échappé
à l’auteur) ! Tandis que les Leroux se sont pendus
parce qu’ils étaient de trop, les filles se jettent dans
des puits — pour la raison exactement inverse — parce
que l’homme leur manque (par abandon ou « faute impardonnable
»). D’où l’inversion du mode de suicide.
L’une
d’elles épouse son cousin germain, comme pour se protéger
du fantôme des pendus et des « empuisées ».
Elle met au monde Jean-Michel, autiste dès la naissance. Jean-Michel
refuse de la regarder dans les yeux. « L’autisme dans
ce cas, est le résultat d’un ”inceste” généalogique
», commente le chercheur, Didier Dumas, qui s’intéresse
aux « fantômes » transgénérationnels.
L’inceste laisse entendre à l’enfant qu’il
vivra toujours avec ses parents. Il implique que la mort n’existe
pas et empêche l’enfant de se constituer les outils mentaux
nécessaires pour vivre adulte, sans ses parents. Et, précisément,
un autiste est un enfant dépossédé d’emblée
des moyens d’accéder à l’âge adulte
! Il ne peut pas regarder sa mère dans les yeux, à cause
de l’inceste. C’est ce qui arrive à Jean-Michel.
Didier
Dumas ne s’en aperçoit que le jour où il apprend
l’histoire des ancêtres, pendus à une poutre ou
chues dans un puits. La mémoire d’une relation d’homosexualité
incestueuse inconsciente, c’est précisément celle
des deux arrière-grand-mères « mariées
ensemble », considérées comme des « saintes
», qui, en vérité, ont poussé leurs maris
à se pendre, au retour de la guerre. Telle est la cause de
l’autisme de Jean-Michel, dont on voit mal quelle médecine,
conventionnelle ou non, pourrait le guérir sans l’incroyable
analyse faite par Didier Dumas.
Dans
son ouvrage, Aïe mes aïeux ! , Anne Ancelin Schützenberger
rapporte que, dans une famille, les parents engendrent, toutes les
deux générations, des enfants atteints de la maladie
bleue (maladie cardiaque avec risque de transmission génétique
héréditaire). Ainsi est-ce le cas de Jeanne et de sa
grand-mère, qui ont toutes deux été opérées
avec succès. Bien entendu, les savants cardiologues en concluent
que la « maladie » est génétique —
ils disent très exactement que la « maladie » est
inscrite dans les gènes, ce qui est inexact puisqu’il
n’y a pas d’autre information dans les gènes que
le plan des cellules qu’ils fabriquent — il ne s’agit
donc que d’une altération — et que les gènes,
comme les touches du piano ou, mieux, comme le sélecteur de
la radio et de la télévision n’ont pas d’autre
fonction que de relier la cellule à son champ de mémoire
— et ils pensent que les futurs parents qui sont venus les consulter
courent le risque de mettre au monde un enfant frappé de la
même maladie.
Les
parents décident alors de ne pas faire d’enfant et d’adopter
un petit Indien. Sitôt dit, sitôt fait. Mais, peu de temps
après l’adoption, l’enfant fait la maladie bleue.
La mémoire des aïeux s’est transmise du champ idéomorphogénétique
et comportemental de la lignée des parents au champ de l’enfant
!
L’anecdote
suivante vient de Claude Sabbah. Un petit garçon de huit ans
fait un cancer des os du bras et il faut l’amputer, à
hauteur de l’épaule. Pour consoler l’enfant, les
parents lui demandent ce qui lui ferait plaisir. « Je veux un
serpent ! » dit-il. Un serpent ! Pourquoi un serpent ?
Mais, bien sûr, parce qu’un serpent n’a pas de membres
! Hélas il faut une autorisation spéciale qui est refusée.
On représente à l’enfant qu’on ne peut pas
lui offrir un serpent. Qu’il choisisse un autre animal ! L’enfant
porte son choix sur un lézard ! En l’occurrence un limbert
brun et vert (dont la taille peut aller jusqu’à 80 cm).
Pourquoi
un lézard ? Mais parce que les lézards ont la faculté
de faire repousser leur queue lorsqu’elle est coupée.
L’enfant se prend d’affection pour son lézard,
et le lézard se prend d’une affection réciproque
pour son petit maître manchot. D’une affection si forte
que, peu de temps après, le lézard fait une nécrose
du même membre que son jeune maître et que le vétérinaire
déclare qu’il faut l’amputer. A la même hauteur
que le bras de son petit maître ! L’identification entre
l’animal et le maître, c’est-à-dire la puissance
de la pensée, donc de l’imaginaire, a été
telle qu’elle n’a pas permis à l’enfant de
faire repousser son bras, comme les lézards ont la possibilité
de faire repousser leur queue, mais qu’elle a permis au lézard
de perdre le sien, comme son maître. Le lézard amputé
par le vétérinaire demeurera manchot, comme son jeune
maître.
Il
est alors clair que ces séries d’accidents, de suicides,
ces « malédictions », ces maladits ont tous pour
origine un conflit. Ce ne sont pas seulement des accidents, des suicides,
des « malédictions » et des maladits : ce sont
encore des signes chargés d’une signification à
destination de la conscience qui a pour objet de les décoder.
Ces signes sont très exactement l’objet d’étude
de la pansémiotique et de la psychosomatique. Ils signifient
que le corps devient le lieu de la réalisation d’idées
conflictuelles et négatives.
Soulignons
que, comme je l’ai démontré dans deux articles,
publiés à la fin des années soixante-dix, cette
même pansémiotique s’applique à l’Histoire,
dont il faudrait établir les génohistoriogrammes. Je
l’ai fait pour deux cycles d’Histoire corrélatifs
à deux cycles de l’activité solaire et j’ai
trouvé de stupéfiantes analogies entre les destins de
Charles VII et de Philippe Pétain, de la Trémoille et
de Laval, de Jeanne d’Arc et de Charles de Gaulle, de Napoléon
Ier et d’Adolphe Hitler, de Napoléon III et de Charles
de Gaulle, etc. Quant à l’histoire des relations franco-allemandes,
de Charlemagne, qui unifiait le royaume franc (le frank Reich) et
le Reich allemand, aux guerres de Trente ans, de Louis XIV, de Frédéric
de Prusse, de la Révolution, des deux Napoléon, de 1870,
des deux Guerres mondiales — qui sont la mondialisation du vieux
conflit européen — à l’Union de l’Europe,
sinon à l’Union européenne, elles ne sont rien
que la répétition d’un tragique conflit de la
séparation et de l’union, enfin dépassé
sinon vraiment compris. D’autres parallèles saisissants
peuvent être établis ailleurs, notamment aux États-Unis,
entre Lincoln et Kennedy comme entre Grant et Nixon.
Mais,
si l’on voit bien comment le conflit se matérialise de
manière tragique, dans l’existence, le fait d’accumuler
les exemples ne nous explique en rien comment tout cela fonctionne.
Richard
Sünder