Le système nerveux humain est responsable de l’envoi, de la réception et du traitement des influx nerveux. Tous les muscles et les organes du corps dépendent de ces influx nerveux pour fonctionner. Trois systèmes travaillent de concert pour remplir la mission du système nerveux : les systèmes nerveux central, périphérique et autonome. Le système nerveux autonome, étant lui-même composé du système sympathique et du système para-sympathique, est chargé de la régulation et coordination des fonctions vitales de l’organisme. Alain Mauve, ostéopathe DO, nous donne un éclairage sur ce système nerveux autonome.

 



Daniel Perraud : Attachez vous de l’importance au système neuro végétatif dans votre pratique ?


Alain Mauve : En tant qu’ostéopathe favorisant les phénomènes homéostatiques chez le patient, le Système Nerveux Végétatif est un élément incontournable. Dès que l’on touche un patient, le système neuro-végétatif est là pour en informer le corps et en attend des réponses en vue d’une adaptation rapide. Et cela sur tous les plans : humoraux, viscéraux, hormonaux Il est incontournable. Qu’on le veuille ou non il est un élément omniprésent dans la pratique de tous les jours.


Daniel Perraud : Quelles sont les actions du système neuro-végétatif ?

Alain Mauve : Lorsque vous travaillez avec le patient, je dis bien avec et non pas sur, dans un état de parfaite coopération consciente, le système végétatif est un allié de tous les jours. Vous pouvez soit avoir des actions de type ergotrope c’est à dire productrices d’énergie, soit des actions de type trophotrope c’est à dire favorisant les fonctions métaboliques ou restauratrices d’énergie.


Daniel Perraud : Le système neuro végétatif a t’il un double mode d’action ?

Alain Mauve : Vous le verrez dans le résumé qui suit le SNV est composé de deux systèmes anatomiques aux réactions non pas antagonistes mais complémentaires. J’insiste sur cette complémentarité qui est quasiment une complicité spontanée de leur fonctionnement en simultanéité.


Daniel Perraud : Quel est le plus du système neuro végétatif ?

Alain Mauve : Ce qui est fabuleux dans le SNV, c’est que l’un correspond à la dépense d’énergie, à l’action, c’est la partie Orthosympathique et l’autre le Para-Sympathique correspond à la phase récupération pour de nouveau passer à l’action. C’est bien sûr une vue simpliste, mais elle permet de comprendre que lorsque ce couple commence à se déséquilibrer cela devient invivable pour le patient. Imaginez que l’orthosympathique prenne l’ascendant sur le para-sympathique, nul repos possible pour le patient dont certains systèmes hyper et hypo sécrètent, dont les cortico-surrénales sont sollicitées en permanence. Le patient s’épuise et ne récupère plus. Ce couple doit être paisible, dans une écoute parfaite et agissant conjointement. Le thérapeute doit veiller à cette bonne entente par des techniques adaptées à la situation.


Daniel Perraud : Pensez-vous qu’un travail sur le système neuro végétatif puisse être applicable à la bio-énergétique ?

Alain Mauve : Pour tout thérapeute bio-énergéticien qui veut comprendre une partie des modalités d’action de son travail, il est indispensable de faire un détour sur la connaissance, même succincte, du Système Nerveux Autonome. Ne serait ce que savoir qu’il existe, que par ses actions il est omniprésent à chaque seconde de notre vie dans l’auto-régulation du corps faces aux exigences d’adaptabilité qui s’imposent à nous tout au long de notre vie.


Daniel Perraud : Que pensez-vous de l’adaptabilité de l’individu ?

Alain Mauve : Le paramètre de survie le plus important est l’adaptabilité de l’individu à tout ce qui se modifie d’une manière externe à lui-même et à l’intérieur de lui-même. Sans cette adaptation, point de vie possible. Dans les moindres recoins de nous-même le Système Nerveux Autonome (SNV) est opérant en coordonnant toutes les modifications adaptatives conjointement avec le système nerveux central.


Daniel Perraud : Donnez nous un exemple simple où le SNV est opérant ?


Alain Mauve : Tournez votre regard vers la lumière et immédiatement sans que vous en soyez conscient, tel un diaphragme d’appareil photo, votre pupille se rétracte, c’est le système neuro-végétatif (para-sympathique) qui a fait son travail. Vous avez chaud, vous transpirez pour vous rafraîchir c’est aussi le SNV.


Daniel Perraud : Tout besoin à la survie de l’homme est édicté par le système Neuro Végétatif !

Alain Mauve : Le : J’ai faim, j’ai soif, je suis fatigué, ma thyroïde doit sécréter, j’ai besoin de sucre passe par l’action du SNV. La diminution voire la disparition de l’adaptation mène aux troubles fonctionnels puis à la maladie aboutissant elle même à la pathologie irréversible. C’est pour cela qu’il me semble intéressant de connaître le fonctionnement du système neuro-végétatif et aussi les moyens d’actions naturels pour lui conserver son intégrité. En agissant sur des commandes neuro-végétatives soit en direct soit par l’intermédiaires de réflexologies, il est possible de réharmoniser le patient, de lui permettre de se reprendre en main et de compléter le traitement par d’autres approches.

Alors, n’oublions jamais ce merveilleux gardien de notre confort quotidien :
Le système Neuro Végétatif, qui lorsqu’il devient capricieux nous donne les inconforts les plus variés.

Propos receuillis par Daniel Perraud



LE SYSTEME NERVEUX AUTONOME


Constitution :
Le système nerveux autonome ou végétatif est essentiellement moteur et contrôle les activités inconscientes, végétatives de l’organisme. Ce système autonome se charge de l’équilibre fonctionnel de l’organisme (respiration, digestion, sécrétions, équilibre hydrique, température corporelle…). Ses fibres sont toujours interrompues une fois au moins par une synapse entre le centre nerveux du SCM et l’organe cible.

 

Ce système moteur réagit à certaines informations afférentes du système périphérique somatique ainsi qu’aux stimuli de la sensibilité viscérale transmis par les fibres végétatives afférentes.

Ce système nerveux autonome se divise en deux systèmes parallèles aux actions généralement antagonistes :

• le système orthosympathique (ou sympathique) qui intervient dans les activités involontaires des situations de stress et d’éveil. Il est prépondérant dans les conflits de l’organisme avec son milieu extérieur, lorsque la vie est menacée. Le sympathique stimule l’ensemble des organes qui jouent un rôle dans la défense. Des quantités importantes d’adrénaline sont déchargées ; le rythme cardiaque est accéléré ; la pression sanguine augmente ; les vaisseaux du coeur et des muscles squelettiques sont dilatés ; ceux de la peau et des viscères sont contractés ; la respiration est plus ample ; les pupilles sont dilatées (mydriase) ; les poils sont hérissés et la motricité gastro-intestinale est arrêtée.

• le système parasympathique qui se charge des activités involontaires des situations de paix et de repos. Les activités du processus général de la digestion sont stimulées (sécrétions salivaire, stomacale, intestinale, hépatique, pancréatique ; motricité et péristaltisme) ; le rythme cardiaque est ralenti ; la pression sanguine diminue ; les pupilles sont rétrécies (myose) et la respiration est plus calme.

L’existence de fibres végétatives afférentes est acceptée par certains auteurs et rejetée par d’autres. Les premiers admettent que les stimuli de la sensibilité viscérale (ou intéroceptive) sont transmis par des fibres végétatives qui remontent le long des vaisseaux pour atteindre les racines dorsales des nerfs rachidiens. Les seconds pensent que les fibres de la sensibilité intéroceptive font partie du système somatique. Cette sensibilité viscérale ne devient consciente que lorsqu’elle est douloureuse. Les influx végétatifs qui arrivent au SCN se trouvent alors plus ou moins confondus avec ceux de la sensibilité du système somatique. Ces interrelations entre les sensibilités viscérale et somatique expliqueraient les douleurs rapportées ou qu’une souffrance viscérale puisse être interprétée par les centres supérieurs comme une douleur somatique. Ainsi, l’angine de poitrine (souffrance cardiaque) engendre une douleur brachiale gauche et une affection des ovaires ou des testicules une douleur lombaire.


Le système nerveux autonome ou végétatif est composé de plusieurs niveaux :

a) des centres nerveux localisés au sein du SNC,
b) des ganglions périphériques situés à trois étages :

Le premier étage ganglionnaire comprend la chaîne sympathique paravertébrale. Cette chaîne se situe latéralement à la colonne vertébrale et s’étend de la fin du segment cervical au segment coccygien. Crânialement, elle comprend deux ou trois ganglions (cervical supérieur, moyen et inférieur) par lesquels passent les fibres sympathiques du segment cervical.

Un second étage ganglionnaire est constitué des ganglions ou plexus préviscéraux ils sont moins nombreux que les ganglions paravertébraux. Ce sont davantage des plexus ganglionnés que des ganglions. Ils sont pairs et latéraux dans le cou (plexus carotidiens, pharyngiens...) et le bassin, mais impairs et médians dans le thorax (plexus cardiaque, pulmonaire) et l’abdomen (plexus solaire, lombo-aortique). Au niveau cervical, ce second étage est associé au premier étage.

Un troisième étage ganglionnaire comprend les ganglions viscéraux ou terminaux situés à la surface ou dans l’épaisseur de l’organe cible.

c) des fibres qui relient ces niveaux entre eux et aux viscères. Entre le centre nerveux et l’organe cible, la voie nerveuse autonome est toujours interrompue par au moins une synapse située dans un ganglion. Une voie nerveuse autonome est donc constituée d’au minimum deux fibres : la fibre préganglionnaire et la fibre postganglionnaire Les fibres nerveuses du système autonome cheminent soit en compagnie des fibres du système somatique (nerfs mixtes) soit indépendamment, le long des vaisseaux sanguins.

Ce système autonome comprend deux parties fonctionnellement et, en grande partie, morphologiquement distinctes :

le système sympathique (ou orthosympathique ou grand sympathique). Ses centres nerveux sont strictement médullaires et leur organisation est segmentaire.
Les fibres préganglionnaires sortent par la racine ventrale du nerf rachidien correspondant. Elles s‘en séparent pour former le rameau communicant blanc qui rejoint le ganglion paravertébral correspondant. Ces ganglions paravertébraux sont réunis en une chaîne par des fibres interganglionnaires. Les fibres qui sortent des ganglions paravertébraux rejoignent le nerf rachidien correspondant par le rameau communicant gris pour se diriger vers l’organe cible.

Le système parasympathique Ses centres nerveux sont situés au niveau du tronc cérébral et de la moelle sacrée. Les fibres préganglionnaires suivent le trajet des nerfs correspondants. Elles font synapse dans un ganglion préviscéral ou intraviscéral. Le parasympathique ne présente donc pas de structure équivalente à la chaîne des ganglions paravertébraux sympathiques.

 

ORIGINE ET DEVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX AUTONOME


Le système nerveux sympathique.
Les cellules du système sympathique (ortho et para-) dérivent des crêtes neurales. Elles ont donc une origine etodermìque.

Pour l’orthosympathique, les cellules sympathiques ou sympathogonies migrent pour former la chaîne sympathique paravertébrale. Certaines sympathogonies migrent plus loin pour mettre en place les plexus préviscéraux (ex. plexus solaire) et intraviscéraux (ex. plexus de Meissner et d’Auerbach). Ces sympathogonies forment les fibres postganglionnaires Elles ne sont pas myélinisées et forment le rameau communicant gris. D’autres cellules nerveuses dont le corps se trouve au niveau latéral de la moelle épinière envoient leur axone myélinisé pour faire synapse sur les sympathogonies de l’un des trois étages ganglionnaires (ganglions paravertébral, préviscéral ou intraviscéral) : ce sont les fibres préganglionnaires qui forment le rameau communicant blanc.


Le système nerveux parasympathique.
Les cellules postganglionnaires du système parasympathique proviennent des crêtes neurales des régions cervicale et lombaire. Leur migration jusqu’au voisinage ou au sein de l’organe-cible est parfois très longue (ex. nerf vague). Elles y forment des ganglions préviscéraux et intraviscéraux. Les fibres préganglionnaires parasympathiques naissent des mêmes régions du tube neural et envoient leur axone myélinisé faire synapse sur des fibres postganglionnaires soit au niveau du ganglion préviscéral, soit du ganglion intraviscéral. Le système parasympathique est donc constitué de fibres préganglionnaires qui possèdent un très long axone et de fibres postganglionnaires qui possèdent un axone court mais qui ont effectué une très longue migration.

 


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